Aéroports

Sûreté aéroportuaire : ce qui se passe au poste d'inspection-filtrage

Portique, rayons X, scanner, liquides limités à 100 ml : le contrôle de sûreté est une étape incontournable avant l'embarquement. Voici comment il fonctionne et quelles règles s'appliquent aux bagages à main.

Par Rédaction··3 min de lecture

Image : Illustration aeronautique.com — Tous droits réservés

Un objectif : empêcher l'introduction d'objets dangereux

Avant d'accéder à la zone d'embarquement, chaque passager franchit un poste d'inspection-filtrage. Sa raison d'être est simple : empêcher qu'un objet interdit soit introduit à bord d'un avion, que ce soit sur la personne ou dans son bagage de cabine. Ce contrôle de sûreté, à ne pas confondre avec le contrôle des documents par la police aux frontières ou avec la douane, est encadré par une réglementation européenne commune, complétée en France par des textes nationaux.

Ces règles s'appliquent aux vols au départ d'un aéroport français, y compris pour un trajet entre deux villes françaises, ainsi qu'aux vols au départ de l'Union européenne, de la Suisse, de la Norvège et de l'Islande. Une compagnie peut toutefois se montrer plus restrictive que la réglementation.

Des équipements certifiés

Le poste d'inspection-filtrage combine plusieurs technologies. Le Service technique de l'aviation civile (STAC) recense notamment :

  • le portique de détection de masses métalliques, que franchit le passager ;
  • le détecteur manuel, utilisé pour lever un doute ;
  • l'imagerie radioscopique (rayons X) pour les bagages de cabine, et les systèmes de détection d'explosifs pour bagages de cabine ;
  • le scanner de sûreté, qui contrôle le passager sans contact ;
  • les détecteurs de traces d'explosifs, utilisés par prélèvement ;
  • les équipements de contrôle des liquides, aérosols et gels et les scanners de chaussures.

Ces matériels doivent être certifiés par la DGAC avant d'être utilisés dans un aéroport français. La certification peut porter sur un modèle (certification de type) ou sur chaque équipement installé (certification individuelle).

Qui effectue les contrôles ?

Les contrôles sont réalisés par des agents de sûreté formés et certifiés, le plus souvent salariés de sociétés spécialisées intervenant pour le compte de l'exploitant de l'aéroport, sous la supervision des services de l'État. Le passager n'est pas le seul concerné : les bagages enregistrés en soute font eux aussi l'objet d'un contrôle, réalisé hors de sa vue, de même que les personnels et les marchandises qui accèdent à la zone réservée.

La règle des liquides

C'est la contrainte la plus connue des voyageurs. En règle générale, les liquides, aérosols et gels emportés en cabine doivent être conditionnés dans des flacons de 100 ml maximum chacun, réunis dans un sac transparent et refermable d'une contenance d'un litre au plus, à raison d'un sac par passager. Les valves des aérosols doivent être protégées.

Des exceptions existent. Les liquides nécessaires pendant le voyage pour des raisons médicales ou de régime alimentaire particulier, y compris l'alimentation pour bébé, peuvent être acceptés sur justification, par exemple une ordonnance. Les produits achetés en boutique hors taxes après le contrôle doivent rester dans un sac scellé, avec le justificatif d'achat visible.

La Commission européenne rappelle que ces restrictions ont été conçues comme temporaires, dans l'attente d'équipements capables de détecter de façon fiable les explosifs liquides. Les nouvelles générations de systèmes de détection pour bagages de cabine ont commencé à permettre des assouplissements dans certains aéroports, mais la Commission a imposé, à titre de précaution, un retour à la limite de 100 ml dans les aéroports concernés à compter du 1er septembre 2024. Les règles pouvant évoluer avec la certification de ces équipements, le plus sûr reste de vérifier les consignes de son aéroport de départ avant de partir.

Les objets interdits en cabine

Au-delà des liquides, plusieurs catégories d'objets sont refusées en cabine : objets coupants ou pointus (ciseaux, tournevis, couteaux dont la lame dépasse 6 cm), objets susceptibles de blesser comme les bâtons de marche, armes y compris les jouets et les imitations, et produits inflammables, également interdits en soute. Les agents peuvent par ailleurs refuser un objet absent de la liste s'ils estiment qu'il présente un risque. Dissimuler un article interdit expose au minimum à sa confiscation.

Quelques conseils pratiques

Pour passer le contrôle plus rapidement, mieux vaut préparer son sac de liquides à l'avance, sortir ordinateurs et appareils électroniques si cela est demandé, et vider ses poches avant le portique. Ces gestes simples réduisent les contrôles complémentaires et fluidifient le passage pour tous.

Sources

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