Aéroports
Numéros, marquages, feux : comment « lire » une piste d'aéroport
Pourquoi une piste s'appelle-t-elle 09/27 ou 26R ? Que signifient les feux verts, rouges ou bleus visibles la nuit ? Petit guide des conventions qui permettent aux pilotes de s'orienter sur un aérodrome.
Par Rédaction··3 min de lecture

Un numéro tiré de la boussole
Les deux chiffres peints en grand à l'extrémité d'une piste ne sont pas un numéro d'ordre. Ils indiquent l'orientation de la piste par rapport au nord magnétique. Le principe, harmonisé au niveau international, consiste à prendre l'azimut magnétique de l'axe de piste, mesuré dans le sens des aiguilles d'une montre, et à le diviser par dix en arrondissant au nombre entier le plus proche. Une piste orientée à 268° devient ainsi la piste 27.
Le numéro dépend du sens d'approche. Une même bande de bitume porte donc deux numéros, un à chaque extrémité, qui diffèrent toujours de 18 : la piste 09 vue depuis l'ouest est la piste 27 vue depuis l'est. On la désigne alors par le couple 09/27. En Europe, les numéros inférieurs à 10 s'écrivent généralement avec un zéro initial.
Gauche, centre, droite
Lorsqu'un aéroport dispose de plusieurs pistes parallèles, elles partagent le même numéro et se distinguent par une lettre : L pour gauche (left), R pour droite (right), et C pour centre lorsqu'il y en a trois. Le côté s'apprécie toujours du point de vue du pilote en approche. Les grands aéroports à pistes parallèles, comme Paris-Charles-de-Gaulle, utilisent ce système.
Quand le nord magnétique bouge
Le pôle Nord magnétique se déplace lentement. Avec le temps, l'écart entre l'orientation réelle d'une piste et son numéro peut devenir suffisant pour imposer une renumérotation. C'est ce qu'a annoncé en mai 2026 l'aéroport britannique de Gloucestershire : sa piste principale 09/27 devient 08/26 et la piste 04/22 devient 03/21, pour tenir compte de l'évolution de la déclinaison magnétique. Ce type de changement implique de repeindre les marquages, de remplacer les panneaux et de mettre à jour les cartes et les bases de données de navigation.
Les marquages au sol
Sur une piste équipée pour les approches aux instruments, plusieurs marquages blancs guident le pilote :
- le seuil, formé de bandes longitudinales, qui indique le début de la partie utilisable pour l'atterrissage ;
- l'axe de piste, une ligne discontinue qui aide à l'alignement au décollage et à l'atterrissage ;
- le point de visée, deux larges bandes de part et d'autre de l'axe, qui sert de repère pour l'atterrissage ;
- les marques de zone de toucher des roues, des groupes de barres qui fournissent une information de distance.
Le balisage lumineux
La nuit ou par mauvaise visibilité, la piste se lit grâce à des feux dont les couleurs obéissent à des conventions précises :
- les feux de bord de piste sont blancs ; sur les pistes aux instruments, ils peuvent devenir jaunes sur la dernière partie de la piste pour signaler la fin approchante ;
- les feux de seuil apparaissent verts pour l'avion qui arrive, tandis que les feux d'extrémité sont rouges vus depuis la piste ;
- les feux d'axe, sur certaines pistes, sont blancs puis alternent blanc et rouge, avant de devenir entièrement rouges à l'approche de l'extrémité ;
- les voies de circulation sont bordées de feux bleus, et leur axe peut être matérialisé par des feux verts.
En amont de la piste, une rampe d'approche prolonge l'axe pour aider le pilote à passer du vol aux instruments au vol à vue. Sur le côté, l'indicateur de pente d'approche (PAPI) affiche une combinaison de feux blancs et rouges : un mélange équilibré indique que l'avion est sur la bonne pente, davantage de blanc qu'il est trop haut, davantage de rouge qu'il est trop bas.
Un langage commun
Ces conventions, issues des normes de l'Organisation de l'aviation civile internationale et déclinées par chaque autorité nationale, permettent à un équipage de se repérer sur un aérodrome qu'il découvre. Les manuels de référence, comme l'Aeronautical Information Manual de l'administration américaine (FAA), les décrivent en détail et sont librement consultables.
Sources
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