Aéroports

Roissy-CDG et Orly : deux aéroports parisiens aux rôles complémentaires

Près de 107 millions de passagers sont passés par Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly en 2025. Deux plateformes exploitées par le même groupe, mais aux profils et aux contraintes très différents.

Par Rédaction··3 min de lecture

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Un système aéroportuaire à deux pôles

La région parisienne s'appuie sur deux grands aéroports de passagers exploités par Aéroports de Paris (Groupe ADP) sous la marque Paris Aéroport : Paris-Charles-de-Gaulle, au nord, sur la commune de Roissy-en-France et ses voisines, et Paris-Orly, au sud. Le groupe exploite également Paris-Le Bourget, consacré à l'aviation d'affaires et connu pour son salon aéronautique.

Selon les chiffres publiés par Aéroports de Paris le 15 janvier 2026, les deux plateformes ont accueilli ensemble 106 958 316 passagers en 2025, soit une hausse de 3,4 % sur un an. Ce total correspond à 99 % du niveau de 2019, l'année de référence d'avant la crise sanitaire.

Roissy-CDG, la plateforme de correspondance

Paris-Charles-de-Gaulle, inauguré en 1974, est le principal aéroport français et l'un des plus grands d'Europe. Il a traité 72 029 407 passagers en 2025, en progression de 2,5 % par rapport à 2024, mais encore à 94,6 % de son trafic de 2019.

Sa particularité tient à son rôle de « hub » : une grande partie des passagers ne fait qu'y transiter, en correspondance entre deux vols. L'aéroport est la base principale d'Air France et accueille la plupart des liaisons long-courriers au départ de Paris. Il dispose de quatre pistes organisées en deux doublets parallèles, une configuration qui permet de séparer en grande partie les flux de décollages et d'atterrissages.

Orly, l'aéroport de proximité

Paris-Orly, plus ancien et plus proche du centre de Paris, a une vocation différente : il est surtout tourné vers les vols intérieurs, l'Europe, le bassin méditerranéen et l'outre-mer. En 2025, il a accueilli 34 928 909 passagers, soit 5,5 % de plus qu'en 2024 et près de 110 % de son niveau de 2019. Orly fait donc partie des plateformes qui ont dépassé leur trafic d'avant-crise.

Cette dynamique s'inscrit dans un cadre strict. Orly est entouré de zones densément urbanisées et fait l'objet de deux contraintes historiques :

  • un couvre-feu entre 23 h 30 et 6 h, en vigueur depuis 1968 ;
  • un plafond de 250 000 créneaux horaires par an, fixé en 1994.

En 2024, le ministère chargé des transports a soumis à consultation publique un projet de restrictions supplémentaires portant sur les vols de nuit et les appareils les plus bruyants, avec un retrait progressif de certains avions d'ici 2029. Ce type de mesure suit une procédure encadrée, qui comprend l'avis de l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa) et une notification à la Commission européenne.

Des accès qui évoluent

La desserte terrestre fait partie des différences entre les deux plateformes. Roissy-CDG est relié à Paris par le RER B et dispose d'une gare TGV qui le connecte au réseau à grande vitesse, ce qui renforce son rôle de nœud intermodal. Orly, longtemps desservi par le métro automatique Orlyval en correspondance avec le RER, est accessible depuis juin 2024 par la ligne 14 du métro, prolongée jusqu'à l'aéroport. Ces liaisons pèsent sur le choix des voyageurs entre les deux aéroports, en particulier pour les trajets courts où le temps d'accès compte beaucoup.

Deux aéroports coordonnés

Roissy et Orly sont tous deux des aéroports dits « coordonnés » au sens de la réglementation européenne. Une compagnie ne peut y opérer un vol que si elle détient un créneau horaire attribué par le coordonnateur indépendant COHOR. Ce dispositif, associé au plafond d'Orly, explique pourquoi l'accès à ces deux plateformes reste très recherché par les compagnies.

Ce que disent les chiffres

Les résultats de 2025 dessinent deux trajectoires. Orly, porté par les liaisons de proximité, dépasse nettement son niveau de 2019 malgré son plafond. Roissy, plus exposé au trafic long-courrier et aux correspondances internationales, progresse mais n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant-crise. Les prochaines publications mensuelles du groupe permettront de suivre cette évolution. Elles sont diffusées sous forme de communiqués réglementaires et restent la référence pour mesurer, mois après mois, le poids respectif des deux aéroports dans le trafic aérien français.

Sources

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