Aviation générale et loisirs

Aéroclubs, FFA et BIA : les portes d'entrée de l'aviation de loisir

Près de 600 aéroclubs, plus de 40 000 adhérents : en France, l'apprentissage du pilotage passe le plus souvent par une association. Et pour les plus jeunes, le brevet d'initiation aéronautique offre un premier pas.

Par Rédaction··3 min de lecture

Image : Illustration aeronautique.com — Tous droits réservés

L'aéroclub, un modèle associatif

En France, la grande majorité des pilotes de loisir apprennent à voler dans un aéroclub. Ces structures sont des associations à but non lucratif, généralement installées sur un aérodrome, qui mettent en commun des avions, des instructeurs et des installations au profit de leurs membres. Les adhérents paient une cotisation annuelle et les heures de vol qu'ils effectuent, à un tarif qui vise à couvrir les coûts de fonctionnement plutôt qu'à dégager un bénéfice.

Ce modèle a des effets concrets. Il rend le pilotage plus accessible qu'il ne le serait dans un cadre purement commercial, mais il repose largement sur le bénévolat : entretien des locaux, organisation des journées, encadrement des jeunes, et parfois instruction.

La Fédération française aéronautique

Les aéroclubs « avion » sont pour la plupart affiliés à la Fédération française aéronautique (FFA). Selon les chiffres fédéraux compilés par la DGAC pour l'année 2022, la FFA rassemblait :

  • 580 aéroclubs ;
  • 41 719 adhérents ;
  • 1 759 avions en propriété et 2 143 avions exploités ;
  • environ 512 000 heures de vol dans l'année.

La fédération représente les clubs auprès des pouvoirs publics, accompagne leur fonctionnement, notamment en matière de sécurité des vols et de formation, et organise des compétitions. D'autres fédérations encadrent les disciplines voisines : la Fédération française d'ULM, la Fédération française de vol en planeur, l'aérostation pour les ballons ou encore le vol libre pour le parapente et le deltaplane.

Que fait-on dans un aéroclub ?

L'aéroclub est d'abord un lieu de formation. On y prépare les licences de pilote privé, PPL ou LAPL, avec des instructeurs et des avions dédiés. La plupart des clubs proposent un vol d'initiation, qui permet de tenir les commandes accompagné d'un instructeur avant de décider de s'inscrire.

C'est aussi un lieu de pratique pour les pilotes brevetés, qui y louent des avions pour leurs vols personnels, et un lieu de vie : sorties en groupe, voyages aériens, perfectionnement et entraînement à la navigation.

Un maillage de petits aérodromes

Les aéroclubs sont répartis sur l'ensemble du territoire, y compris dans des zones rurales, souvent sur de petits aérodromes qui n'accueillent pas de vols commerciaux. Ce maillage permet à de nombreux pratiquants de trouver une structure à une distance raisonnable de leur domicile. Il fait aussi de ces associations des acteurs de la vie locale, à travers les journées portes ouvertes, les baptêmes de l'air ou l'accueil de scolaires.

Les jeunes peuvent commencer tôt : la réglementation européenne permet à un élève pilote d'avion d'effectuer son premier vol en solo à partir de 16 ans, la licence elle-même pouvant être délivrée à 17 ans.

Le BIA, un premier diplôme aéronautique

Pour les plus jeunes, le brevet d'initiation aéronautique (BIA) constitue souvent une première étape. Il s'agit d'un diplôme de l'Éducation nationale, régi par un arrêté du 19 février 2015 modifié, qui sanctionne une culture générale dans le domaine de l'aéronautique et du spatial. Il est ouvert à tous les jeunes âgés d'au moins 13 ans.

L'examen comprend une épreuve écrite obligatoire et une épreuve facultative d'anglais. Le programme couvre plusieurs domaines :

  • l'aérodynamique et la mécanique du vol ;
  • la connaissance des aéronefs ;
  • la météorologie ;
  • la navigation et la sécurité des vols ;
  • l'histoire de l'aéronautique et de l'espace.

La préparation au BIA est souvent proposée dans les collèges et les lycées, parfois en partenariat avec un aéroclub, ce qui permet aux élèves de découvrir concrètement un aérodrome et, dans certains cas, d'effectuer un premier vol.

Pour encadrer ces formations, l'Éducation nationale délivre un autre diplôme, le certificat d'aptitude à l'enseignement aéronautique (CAEA), destiné aux enseignants, aux étudiants et aux professionnels qui souhaitent enseigner l'aéronautique et le spatial. Il comprend une épreuve écrite d'admissibilité et une épreuve orale d'admission.

Comment se lancer ?

Pour un adolescent, le BIA est une porte d'entrée naturelle, qui donne les bases théoriques avant toute formation au pilotage. Pour un adulte, le plus simple est de contacter l'aéroclub le plus proche et de réserver un vol d'initiation. Les clubs, les fédérations et certains acteurs publics proposent par ailleurs des dispositifs d'aide pour les jeunes, dont les conditions varient : il est utile de se renseigner directement auprès de son club avant de démarrer.

Sources

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