Aviation générale et loisirs

Vol en planeur : comment apprendre et obtenir la licence SPL

Sans moteur, le planeur exploite l'énergie de l'atmosphère pour rester en l'air pendant des heures. Lâcher dès 14 ans, licence à 16 ans : voici comment fonctionne la formation au vol à voile.

Par Rédaction··3 min de lecture

Image : Illustration aeronautique.com — Tous droits réservés

Voler sans moteur

Le planeur est un aéronef conçu pour voler sans propulsion, ou en n'utilisant un moteur qu'à titre d'appoint pour les motoplaneurs. Une fois en l'air, il descend en permanence par rapport à la masse d'air qui l'entoure. Pour prolonger le vol, et même gagner de l'altitude, le pilote recherche des zones où l'air monte plus vite que le planeur ne descend.

Trois grands phénomènes sont exploités :

  • les thermiques, colonnes d'air chaud qui s'élèvent au-dessus des sols chauffés par le soleil ;
  • le vol de pente, qui utilise le vent dévié vers le haut par un relief ;
  • l'onde, un mouvement ondulatoire de la masse d'air qui se forme sous le vent de certaines montagnes et peut porter les planeurs à haute altitude.

En combinant ces ascendances, un pilote expérimenté peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres dans la journée.

Une pratique organisée en clubs

En France, le vol en planeur est encadré par la Fédération française de vol en planeur (FFVP), dont le siège se trouve sur l'aérodrome de Château-Arnoux-Saint-Auban, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Selon les chiffres fédéraux compilés par la DGAC pour l'année 2022, la discipline réunissait :

  • 157 associations et 13 020 adhérents ;
  • 1 813 planeurs et motoplaneurs ;
  • 218 avions remorqueurs et 52 treuils ;
  • près de 222 000 heures de vol dans l'année.

Le fonctionnement en club est au cœur de l'activité. Le vol à voile est une pratique collective : une journée de vol mobilise un pilote remorqueur ou un treuilliste, des aides au sol pour tenir l'aile au décollage et des instructeurs.

Comment décolle un planeur ?

Faute de moteur, le planeur doit être lancé. Les méthodes les plus courantes sont le remorquage par un avion, qui tracte le planeur au bout d'un câble jusqu'à l'altitude voulue, et le treuillage, où un câble enroulé rapidement par un treuil au sol propulse le planeur vers le haut. Les motoplaneurs peuvent décoller par leurs propres moyens. La réglementation européenne fixe un nombre minimal de lancements en formation pour chaque méthode utilisée.

La licence SPL

Depuis la réforme européenne entrée en vigueur en 2020, la licence de pilote de planeur est la SPL (Sailplane Pilot Licence), définie par la partie SFCL, introduite par le règlement d'exécution (UE) 2020/358 dans le règlement (UE) 2018/1976, et réunie par l'EASA dans un recueil de règles consacré aux planeurs. Ses principales exigences sont les suivantes :

  • l'élève peut effectuer son premier vol solo dès 14 ans, sous la supervision d'un instructeur ;
  • la licence peut être délivrée à partir de 16 ans ;
  • la formation comprend au moins 15 heures d'instruction en vol, dont 10 heures en double commande et 2 heures en solo supervisé, ainsi que 45 lancements et atterrissages ;
  • le candidat doit réaliser une navigation, soit en solo sur au moins 50 km, soit en double commande sur au moins 100 km.

Le pilote doit disposer d'un certificat médical valide. Pour conserver ses privilèges, il doit justifier d'une activité récente : au cours des 24 derniers mois, au moins 5 heures de vol, dont 15 lancements et deux vols d'entraînement avec un instructeur, ou un contrôle de compétences avec un examinateur. Pour emporter un passager, il doit avoir effectué au moins trois lancements comme commandant de bord au cours des 90 jours précédents.

Par où commencer ?

Le ministère des Sports invite à s'initier dans un club proche de chez soi, par exemple lors d'un vol découverte. La formation se déroule ensuite au rythme des journées de vol, souvent les week-ends et pendant les stages d'été. Le vol en planeur a la réputation d'être une excellente école du pilotage : sans moteur pour corriger une erreur, il oblige à anticiper, à observer le ciel et à comprendre finement la météorologie.

Sources

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