Métiers et formation
Devenir contrôleur aérien : le concours ICNA et la formation à l'ENAC
En France, les contrôleurs aériens civils sont des fonctionnaires de la DGAC formés pendant trois ans à l'ENAC. Concours, contenu de la formation et licence européenne : ce qu'il faut savoir avant de se lancer.
Par Rédaction··3 min de lecture

Guider des centaines d'avions chaque jour, les séparer en toute sécurité, gérer les arrivées et les départs par tous les temps : le contrôle de la navigation aérienne est l'un des métiers les plus exigeants de l'aviation. En France, la grande majorité des contrôleurs civils sont des ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne (ICNA), fonctionnaires de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), formés à l'École nationale de l'aviation civile (ENAC) à Toulouse.
Un concours d'ingénieur très sélectif
L'entrée se fait par concours. Selon le CIDJ, l'inscription passe par la banque d'épreuves CCINP, commune à de nombreuses écoles d'ingénieurs. Les candidats viennent de classes préparatoires scientifiques (MP, PC, PSI ou MPI) ou sont titulaires d'un bac+2 technique ou scientifique. Le CIDJ indique également une limite d'âge de 26 ans au 1er janvier de l'année du concours, et environ une centaine de places par an.
Au-delà des épreuves écrites et orales, le métier impose des conditions médicales : l'Onisep rappelle qu'une excellente vue et une bonne santé générale sont exigées, avec des examens médicaux réguliers tout au long de la carrière.
Trois ans de formation, payés
Une fois admis, l'élève devient fonctionnaire stagiaire et il est rémunéré dès son entrée à l'école. La formation dure trois ans et alterne cours théoriques, simulation et stages. D'après le CIDJ, les stages représentent environ 18 mois et comprennent notamment :
- une formation au brevet de pilote privé, pour comprendre le vol « de l'autre côté de la radio » ;
- un séjour de huit semaines dans un pays anglophone ;
- un stage dans une compagnie aérienne.
À mi-parcours, selon leur classement, les élèves choisissent leur affectation : un centre en route (qui gère le trafic en croisière) ou un aéroport. La formation confère le grade de master en management et contrôle du trafic aérien. À la sortie, l'ICNA s'engage à servir l'État pendant sept ans.
Une licence européenne, des qualifications précises
Le contrôle aérien est encadré par le règlement (UE) 2015/340, qui harmonise les licences dans toute l'Union. Il distingue deux licences : la licence d'élève contrôleur, pendant la formation, puis la licence de contrôleur de la circulation aérienne.
La licence porte une ou plusieurs qualifications, qui correspondent aux grands types de contrôle :
- contrôle d'aérodrome à vue (ADV) ou aux instruments (ADI) ;
- contrôle d'approche aux procédures (APP) ou de surveillance (APS) ;
- contrôle régional aux procédures (ACP) ou de surveillance (ACS).
À cela s'ajoutent des mentions propres à l'organisme et au secteur où le contrôleur travaille. Le règlement impose aussi une mention de compétence linguistique en anglais, au minimum de niveau 4 (« opérationnel ») sur l'échelle de l'Organisation de l'aviation civile internationale, ainsi qu'un certificat médical de classe 3.
La qualification sur site, dernière marche
Le diplôme ne suffit pas pour contrôler seul. Après l'école, chaque nouveau contrôleur suit une formation sur son centre d'affectation, sous la responsabilité d'instructeurs, jusqu'à obtenir la mention lui permettant d'exercer sur ses secteurs. Cette période peut être longue, car chaque espace aérien a ses procédures, ses flux et ses particularités.
Un métier de concentration et d'équipe
Le contrôleur travaille en binôme ou en équipe, sur des tours de service qui couvrent jour, nuit et week-ends. Il doit anticiper, décider vite et communiquer de façon claire, en anglais comme en français. Le niveau de responsabilité explique la rigueur de la sélection et le suivi médical et linguistique tout au long de la carrière.
À retenir
- Le recrutement passe par le concours ICNA, réservé aux profils scientifiques bac+2 minimum.
- La formation dure trois ans à l'ENAC, rémunérée, avec environ 18 mois de stages.
- La licence est européenne (règlement 2015/340), avec qualifications par type de contrôle, anglais niveau 4 minimum et certificat médical de classe 3.
- Une formation complémentaire sur le site d'affectation précède l'exercice en autonomie.
Les conditions exactes (âge, diplômes, nombre de places) sont fixées chaque année : il convient de consulter la notice officielle du concours avant de s'inscrire.
Sources
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