Métiers et formation

Devenir pilote de ligne : de la formation initiale à la licence ATPL

Formation intégrée ou modulaire, ATPL « gelé », 1 500 heures de vol : le parcours pour piloter un avion de ligne est long, exigeant et encadré par le règlement européen Aircrew. Tour d'horizon des étapes.

Par Rédaction··3 min de lecture

Image : Illustration aeronautique.com — Tous droits réservés

En Europe, le métier de pilote de ligne repose sur une licence unique : l'ATPL (Airline Transport Pilot Licence), délivrée selon les règles communes du règlement (UE) n° 1178/2011, dit « Aircrew », dont l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) publie une version consolidée. Mais on n'obtient pas cette licence en sortant d'école : le parcours se fait en plusieurs temps, et la dernière étape se franchit en compagnie aérienne.

Avant de commencer : aptitude médicale et prérequis

Le premier filtre est médical. Tout candidat doit obtenir un certificat médical de classe 1, délivré par un centre d'expertise aéromédicale agréé ; mieux vaut le passer avant d'engager le moindre euro dans une formation. Les écoles demandent en général un âge minimum de 17 ans pour entrer en formation, un bon niveau en sciences et un anglais solide, la langue de travail de l'aviation internationale.

Deux grandes voies : intégrée ou modulaire

Le règlement européen prévoit deux manières de se préparer, dispensées par des organismes de formation agréés.

  • La formation intégrée s'adresse aux candidats sans expérience aéronautique ou qui veulent aller vite. Tout est enchaîné dans un même cursus d'environ deux ans : théorie ATPL, vol en solo, licence de pilote professionnel (CPL), qualification de vol aux instruments sur multimoteur, travail en équipage (MCC) et certificat d'anglais aéronautique. Selon le CIDJ, son coût peut atteindre 100 000 euros dans le privé.
  • La formation modulaire est un parcours « à la carte » pour ceux qui ont déjà une licence de pilote privé (PPL). L'élève valide les modules les uns après les autres (théorie ATPL, CPL, vol aux instruments, MCC), à son rythme et généralement pour un coût un peu inférieur.

Dans les deux cas, la théorie couvre un large éventail de matières : droit aérien, connaissance des aéronefs, performances et préparation du vol, météorologie, navigation, facteurs humains, procédures opérationnelles et communications.

La voie publique et les programmes de compagnies

En France, l'École nationale de l'aviation civile (ENAC) forme gratuitement des élèves pilotes de ligne recrutés sur concours, avec plusieurs voies d'accès selon le profil et des limites d'âge propres à chacune. Le CIDJ précise qu'on ne peut tenter ce concours que trois fois au total. Certaines compagnies, comme Air France, organisent aussi des campagnes de recrutement de cadets dont la formation est financée. Enfin, les armées forment leurs propres pilotes, dont une partie rejoint ensuite l'aviation civile.

L'ATPL « gelé », puis la qualification de type

À l'issue de la formation initiale, le jeune pilote détient une licence CPL assortie des examens théoriques de l'ATPL : on parle couramment d'ATPL gelé (« frozen ATPL »). Il ne peut pas encore commander un avion de ligne.

Pour être employé par une compagnie, il lui faut ensuite :

  • une formation à la prévention et à la récupération des positions inusuelles (UPRT) ;
  • une qualification de type (QT) sur l'appareil qu'il va piloter, par exemple un A320 ou un Boeing 737, réalisée en grande partie sur simulateur ;
  • une période d'adaptation en ligne sous la supervision d'un commandant instructeur.

Le « dégel » : 1 500 heures et un contrôle en vol

L'ATPL complet n'est délivré qu'une fois l'expérience acquise. Le pilote doit totaliser 1 500 heures de vol, accumulées pour l'essentiel comme copilote, puis réussir une épreuve pratique devant un examinateur. C'est seulement à ce moment que la licence est « dégelée » et que le pilote peut prétendre, au gré des besoins de sa compagnie et de son ancienneté, à une place de commandant de bord.

Un métier sous contrôle permanent

La licence ne s'acquiert pas une fois pour toutes. Tout au long de sa carrière, le pilote repasse régulièrement des contrôles en simulateur et en ligne, renouvelle son certificat médical et maintient son niveau d'anglais. Ce suivi continu fait partie intégrante du métier.

À retenir

  • La licence de référence est l'ATPL, encadrée au niveau européen par le règlement Aircrew.
  • Deux parcours mènent à l'ATPL gelé : intégré (rapide, coûteux) ou modulaire (progressif).
  • L'ENAC propose une voie publique gratuite mais très sélective.
  • Il faut 1 500 heures de vol et une épreuve pratique pour obtenir l'ATPL complet.

Avant de s'engager, il est recommandé de vérifier l'agrément de l'école auprès de l'autorité compétente, de comparer précisément ce que comprend le prix affiché et de se renseigner sur les débouchés réels du moment.

Sources

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