Défense

SCAF : comprendre le Système de combat aérien du futur

Lancé en 2017 par la France et l'Allemagne, rejoint par l'Espagne, le SCAF ne vise pas seulement à concevoir un nouvel avion de combat. Il s'agit d'un « système de systèmes » attendu à l'horizon 2040.

Par Rédaction··3 min de lecture

Image : Illustration aeronautique.com — Tous droits réservés

Plus qu'un successeur au Rafale

Le Système de combat aérien du futur (SCAF), appelé FCAS (Future Combat Air System) en anglais, est souvent présenté comme le successeur du Rafale français et de l'Eurofighter allemand et espagnol. Le programme est pourtant plus large qu'un simple remplacement d'avion. Selon le dossier de présentation du ministère des Armées, il s'agit d'un système de systèmes destiné au combat aérien connecté et collaboratif, conçu pour répondre aux menaces envisagées autour de 2040.

Le cœur commun du programme, appelé NGWS (Next Generation Weapon System), repose sur trois briques :

  • un avion de combat de nouvelle génération, le NGF (New Generation Fighter) ;
  • des drones d'accompagnement, appelés « remote carriers », destinés à évoluer aux côtés des avions pilotés ;
  • un cloud de combat, réseau qui relie l'ensemble des plateformes et permet le partage des informations en temps réel.

L'idée est que la performance ne dépende plus seulement d'un avion, mais de la capacité d'un ensemble d'appareils et de capteurs à fonctionner de concert. Des appareils existants ont vocation à s'y intégrer : le ministère des Armées prévoit par exemple d'associer l'A400M aux moyens d'appui du futur système.

Une chronologie en plusieurs étapes

Le programme s'est construit progressivement :

  • 13 juillet 2017 : la France et l'Allemagne décident de développer ensemble un système de combat aérien appelé à remplacer leurs flottes actuelles ;
  • 2018-2019 : signature d'un document commun d'exigences opérationnelles par les deux pays, puis par l'Espagne, qui rejoint le projet en février 2019 ;
  • février 2019 : un premier contrat d'étude de concept et d'architecture est attribué à Dassault Aviation et Airbus ;
  • juin 2019 : un accord-cadre est signé au salon du Bourget ;
  • décembre 2022 : lancement de la phase dite 1B, d'un montant de 3,2 milliards d'euros, pour environ trois ans et demi de recherche et de conception du démonstrateur.

La DGA française conduit la passation des contrats au nom des trois États.

Qui fait quoi ?

Le SCAF repose sur un partage industriel entre les trois pays, organisé par domaines. D'après la répartition annoncée lors du lancement de la phase 1B :

  • l'avion NGF est confié à Dassault Aviation comme maître d'œuvre pour la France, avec Airbus comme principal partenaire pour l'Allemagne et l'Espagne ;
  • le moteur revient à EUMET, coentreprise à parts égales entre Safran Aircraft Engines et MTU Aero Engines, avec l'espagnol ITP ;
  • les drones d'accompagnement et le cloud de combat sont pilotés par Airbus pour l'Allemagne, avec respectivement MBDA et Satnus, puis Thales et Indra comme partenaires ;
  • les capteurs sont confiés à Indra pour l'Espagne, avec Thales et le consortium allemand FCMS ;
  • la furtivité est pilotée par Airbus pour l'Espagne.

Cette répartition reflète un principe de coopération équilibrée entre nations, au prix d'une organisation complexe.

Démonstrateur, puis système complet

Le calendrier repose sur des étapes successives. La phase 1B doit consolider l'architecture et faire mûrir les technologies nécessaires. Selon Safran, les vols de démonstration sont envisagés lors des phases suivantes, vers 2028-2029. Ces phases ultérieures nécessitent de nouvelles décisions des États partenaires, ce qui fait du calendrier un sujet de suivi régulier.

Pourquoi un tel programme ?

Le coût et la complexité d'un avion de combat de nouvelle génération ont poussé ces pays à mutualiser leurs efforts. Les industriels du programme le présentent comme un outil de l'autonomie stratégique européenne. La coopération pose aussi des défis : harmoniser des besoins militaires parfois différents, répartir le travail et protéger les savoir-faire de chacun.

Ce qu'il faut retenir

Le SCAF n'est pas un avion, mais un ensemble : un chasseur, des drones et un réseau qui les relie. Son horizon reste 2040, et son avancement dépend autant des choix politiques des trois pays que des progrès technologiques.

Sources

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