Aviation commerciale
Trafic aérien mondial en 2025 : une demande en hausse de 5,3 % selon l'IATA
L'Association du transport aérien international a publié fin janvier 2026 son bilan du trafic passagers 2025. La demande progresse, les avions sont remplis comme jamais, mais la capacité reste bridée par la chaîne d'approvisionnement.
Par Rédaction··3 min de lecture

Les chiffres clés de 2025
Le 29 janvier 2026, l'Association du transport aérien international (IATA), qui fédère plus de 370 compagnies représentant environ 85 % du trafic aérien mondial, a publié son bilan annuel du trafic passagers. Sur l'ensemble de l'année 2025 et par rapport à 2024 :
- la demande, mesurée en passagers-kilomètres payants (PKP, ou RPK en anglais), a progressé de 5,3 % ;
- la capacité, mesurée en sièges-kilomètres offerts (SKO, ou ASK), a augmenté de 5,2 % ;
- le coefficient de remplissage moyen a atteint 83,6 %, en hausse de 0,1 point, un niveau que l'IATA qualifie de record pour une année complète.
Ces indicateurs méritent une brève explication. Un passager-kilomètre payant correspond à un passager transporté sur un kilomètre ; un siège-kilomètre offert, à un siège proposé à la vente sur un kilomètre. Le rapport entre les deux donne le coefficient de remplissage, c'est-à-dire la part des sièges effectivement occupés.
L'international tire la croissance
L'IATA distingue les marchés internationaux et intérieurs. En 2025, la demande internationale a augmenté de 7,1 % pour une capacité en hausse de 6,8 %, avec un coefficient de remplissage de 83,5 %, record pour ce segment selon l'association. Les marchés intérieurs ont progressé plus modestement : +2,4 % pour la demande et +2,5 % pour la capacité, avec un coefficient de remplissage de 83,7 %, en léger recul de 0,1 point.
Parmi les grands marchés intérieurs suivis, le Brésil se distingue avec une hausse de 11,1 % de la demande, tandis que les États-Unis enregistrent un léger recul de 0,6 %. L'Inde affiche le coefficient de remplissage le plus élevé des marchés listés, à 85,2 %.
Des dynamiques régionales contrastées
Toutes régions confondues (trafic international et intérieur des compagnies de chaque zone), l'IATA présente les résultats suivants pour 2025 :
- Afrique : demande +9,4 %, coefficient de remplissage 75,3 % ;
- Asie-Pacifique : demande +7,8 %, coefficient 84,2 % ;
- Amérique latine et Caraïbes : demande +7,0 %, coefficient 83,4 % ;
- Moyen-Orient : demande +6,8 %, coefficient 81,5 % ;
- Europe : demande +5,3 %, coefficient 84,8 % ;
- Amérique du Nord : demande +0,4 %, coefficient 82,9 %.
L'Europe affiche ainsi le taux de remplissage le plus élevé des grandes régions. Sur le seul trafic international, les compagnies européennes ont vu leur demande progresser de 6,0 %, pour une capacité en hausse de 5,9 %.
Une offre contrainte par l'industrie
Pour l'IATA, ces bons chiffres masquent une difficulté persistante : les compagnies ne parviennent pas à augmenter leur capacité aussi vite qu'elles le souhaiteraient. En cause, les problèmes de la chaîne d'approvisionnement, qui touchent les livraisons d'avions neufs, la disponibilité des moteurs et des pièces détachées. Le directeur général de l'association, Willie Walsh, a qualifié ces difficultés de principal défi des compagnies en 2025 et a estimé leur surcoût à plus de 11 milliards de dollars.
« Il est essentiel que 2025 marque le point bas de la crise de la chaîne d'approvisionnement et que 2026 soit celle du rebond », a-t-il déclaré dans le communiqué. Il a également appelé à des politiques publiques favorables à la décarbonation, en particulier à la production de carburants d'aviation durables.
Comment lire ces statistiques
Les indicateurs de l'IATA mesurent un volume de trafic pondéré par la distance, et non un nombre de passagers. Une hausse des passagers-kilomètres peut donc provenir d'un plus grand nombre de voyageurs, de trajets plus longs, ou des deux. De même, une croissance plus forte de l'international que du domestique ne signifie pas que les marchés intérieurs se portent mal : leur dynamique dépend largement de la situation économique de quelques grands pays. Enfin, les résultats régionaux sont attribués selon la région d'immatriculation des compagnies, et non selon le lieu où les vols sont effectués.
Ce qu'il faut retenir
Un coefficient de remplissage record n'est pas seulement le signe d'une demande soutenue : il traduit aussi une offre tendue. Lorsque les avions sont pleins et que les flottes peinent à grandir, les compagnies disposent de peu de marge pour absorber un aléa, et les tarifs ont tendance à rester élevés. L'évolution des cadences de production chez les avionneurs et motoristes reste donc l'un des facteurs à suivre pour comprendre la trajectoire du trafic en 2026.
Sources
À lire aussi

Aviation commerciale
Droits des passagers aériens : ce que prévoit le règlement 261/2004 et ce que change sa révision
Retard, annulation, refus d'embarquement : le règlement européen 261/2004 fixe depuis vingt ans assistance et indemnisation. Une révision, approuvée par le Parlement européen en juillet 2026, doit en moderniser l'application.
24 octobre 2026

Aviation commerciale
Les libertés de l'air : comment se négocient les droits de trafic
Survoler un pays, y faire escale ou y embarquer des passagers : chacune de ces opérations relève d'une « liberté de l'air ». Un cadre hérité de 1944 qui structure encore toutes les routes internationales.
10 octobre 2026

Aviation commerciale
Créneaux aéroportuaires : comment s'attribuent les « slots » des aéroports saturés
Dans les aéroports les plus fréquentés, une compagnie ne peut pas décoller ni atterrir quand elle le souhaite. Elle doit détenir un créneau, ressource rare encadrée par des règles mondiales et européennes.
9 octobre 2026