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ATR 42 et ATR 72 : les turbopropulseurs régionaux conçus à Toulouse

Société commune d'Airbus et de Leonardo, ATR s'est imposé sur le marché des avions régionaux à hélices. Pourquoi le turbopropulseur reste pertinent sur les lignes courtes, et comment se distinguent l'ATR 42 et l'ATR 72.

Par Rédaction··3 min de lecture

Image : Illustration aeronautique.com — Tous droits réservés

Une alliance franco-italienne née en 1981

ATR, pour « Avions de transport régional », est né d'un partenariat entre deux industriels européens. Selon l'entreprise, son lancement remonte au 4 novembre 1981. Elle est aujourd'hui une société commune entre Airbus et Leonardo, et son siège est situé à Blagnac, aux portes de Toulouse.

Le constructeur se présente comme le numéro un mondial de l'aviation régionale, avec des turbopropulseurs pouvant accueillir jusqu'à 78 passagers. Selon les chiffres qu'il publie, 1 900 appareils ont été vendus dans le monde et ses avions sont exploités par plus de 200 compagnies, dans une centaine de pays. Le 1 500ᵉ ATR a été livré en novembre 2018.

Pourquoi un avion à hélices ?

Sur les liaisons courtes, l'avion passe une grande partie du temps en montée et en descente, et sa vitesse de croisière compte moins que sur un long trajet. Le turbopropulseur, plus lent qu'un biréacteur, consomme en revanche moins de carburant à ces distances. ATR revendique ainsi une consommation inférieure d'environ 30 % à celle d'avions régionaux à réaction de taille comparable, et met en avant un chiffre de 69 grammes par siège et par kilomètre.

À ces gains s'ajoutent une capacité à opérer depuis des pistes courtes et une robustesse appréciée dans des environnements exigeants : îles, régions montagneuses, aérodromes peu équipés. C'est ce qui explique la présence d'ATR aussi bien dans les réseaux insulaires que sur les lignes d'aménagement du territoire.

L'ATR 42-600 : le petit modèle

L'ATR 42-600 couvre le segment de 30 à 50 sièges. Selon le constructeur, il s'agit du seul avion régional en production sur ce segment. Ses principales caractéristiques publiées sont les suivantes :

  • masse maximale au décollage : 18 600 kg ;
  • distance de décollage (masse maximale, atmosphère standard, niveau de la mer) : 1 107 m ;
  • distance d'atterrissage : 966 m ;
  • rayon d'action avec le maximum de passagers : 1 345 km (726 milles nautiques).

ATR le présente comme un « ouvreur de lignes », capable de tester une liaison nouvelle sans engager un avion plus capacitaire, et comme un remplaçant pour des turbopropulseurs plus petits ou d'anciens jets régionaux.

L'ATR 72-600 : le modèle phare

L'ATR 72-600, version allongée, accueille de 44 à 78 passagers selon l'aménagement. Parmi les configurations citées par le constructeur figurent 72 sièges avec un pas de 29 pouces, 78 sièges avec un pas de 28 pouces, ou une version mixte de 44 sièges avec 1 400 kg de fret supplémentaire. Ses caractéristiques publiées :

  • masse maximale au décollage : 23 000 kg ;
  • charge marchande maximale : 7 400 kg ;
  • distance de décollage : 1 315 m ;
  • rayon d'action avec le maximum de passagers : 740 milles nautiques (1 370 km).

Le constructeur décline aussi l'appareil en version cargo, l'ATR 72-600F, avec une charge utile structurale maximale de 9,2 tonnes et un volume brut de 75 m³.

Le choix entre les deux modèles dépend avant tout du trafic attendu : l'ATR 42 convient aux lignes très fines ou aux terrains courts, l'ATR 72 aux liaisons régionales plus fréquentées. Les deux appareils partageant une large base commune, une compagnie peut combiner les deux tailles dans sa flotte pour ajuster l'offre à chaque ligne.

Un marché de niche, mais stratégique

Le marché des turbopropulseurs régionaux est plus étroit que celui des monocouloirs à réaction, et le nombre de concurrents en production y est limité. Pour les compagnies, le choix se fait d'abord sur des critères de coût par siège et de coût par vol : sur une ligne de moins d'une heure de vol, la différence de vitesse avec un jet pèse peu, alors que l'écart de consommation se retrouve à chaque rotation.

Dans le débat sur la décarbonation du transport aérien, l'aviation régionale est souvent citée comme un terrain d'expérimentation privilégié, car les distances courtes et les petits appareils se prêtent mieux aux nouvelles technologies de propulsion. ATR met en avant la sobriété de ses appareils actuels comme un atout dans ce contexte, tout en travaillant sur les évolutions de ses moteurs et de ses produits.

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