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Airbus A220 : de la CSeries de Bombardier à la gamme Airbus

Conçu au Québec par Bombardier, l'appareil a rejoint la gamme Airbus en 2018 sous le nom d'A220. Il occupe le segment de 100 à 160 sièges, entre les avions régionaux et la famille A320.

Par Rédaction··3 min de lecture

Image : Illustration aeronautique.com — Tous droits réservés

Un avion né chez Bombardier

L'A220 n'a pas été conçu par Airbus. Selon le constructeur européen, le programme a été lancé par Bombardier en 2008 sous le nom de C Series, et le premier vol a eu lieu en septembre 2013. L'appareil a été développé pour le marché des avions de 100 à 150 places environ, un segment longtemps occupé par des versions raccourcies d'avions plus grands ou par des avions régionaux agrandis.

En 2018, Airbus devient partenaire majoritaire du programme. Le 10 juillet 2018, lors d'une cérémonie au centre de livraison Henri-Ziegler, près de Toulouse, les CS100 et CS300 sont rebaptisés A220-100 et A220-300. Le communiqué publié ce jour-là présente l'avion comme conçu pour environ 100 à 150 passagers.

Deux versions, une qualification commune

Airbus présente aujourd'hui deux versions :

  • A220-100 : 100 à 120 sièges en configuration typique, avec un rayon d'action maximal annoncé de 3 600 milles nautiques ;
  • A220-300 : 120 à 160 sièges, avec un rayon d'action maximal annoncé de 3 450 milles nautiques.

Les deux versions partagent une qualification de type commune pour les pilotes. Le constructeur propose également une version d'affaires, l'ACJ TwoTwenty, dérivée de la cellule de l'A220.

En revanche, l'A220 ne partage pas la qualification de type de la famille A320 : son poste de pilotage et ses systèmes sont issus de la conception de Bombardier. Pour une compagnie qui exploite déjà des A320, introduire des A220 implique donc une flotte de pilotes distincte, des formations spécifiques et un stock de pièces différent. Ce coût de complexité doit être compensé par les gains d'exploitation sur les lignes où l'appareil est le mieux adapté.

Des choix techniques récents

Comme l'A320neo, l'A220 a été conçu autour de moteurs de nouvelle génération, en l'occurrence des moteurs à soufflante entraînée par réducteur de Pratt & Whitney. Mais à la différence de l'A320neo, qui remotorise une cellule des années 1980, l'A220 est un avion entièrement nouveau. Airbus indique qu'environ 40 % de sa structure est faite de matériaux avancés et revendique une réduction de 25 % de la consommation de carburant et des émissions de CO₂ par siège par rapport aux avions de génération précédente.

Pour les passagers, la cabine se distingue par une configuration en 2-3 en classe économique, qui limite le nombre de sièges centraux. Pour les compagnies, l'intérêt tient à la possibilité de proposer des fréquences élevées ou d'ouvrir des liaisons à faible trafic avec un avion moins capacitaire qu'un A320, mais offrant un rayon d'action comparable.

Une production sur deux continents

L'A220 est assemblé sur trois chaînes d'assemblage final : deux à Mirabel, au Canada, berceau historique du programme, et une à Mobile, en Alabama, aux États-Unis, selon Airbus. La présence d'une chaîne américaine répond notamment à la volonté de se rapprocher d'un marché nord-américain important pour ce segment.

Un programme encore en construction

Selon les chiffres affichés par Airbus, la famille A220 totalise plus de 1 100 commandes, plus de 500 livraisons et 25 exploitants dans le monde. Ces volumes restent nettement inférieurs à ceux de la famille A320, ce qui reflète à la fois la taille plus réduite du segment et la jeunesse du programme.

L'enjeu industriel pour Airbus est d'atteindre une cadence de production et un coût de fabrication qui rendent le programme durablement rentable. Le constructeur doit aussi composer avec la concurrence directe de l'Embraer E195-E2, positionné sur un segment proche, et avec la proximité de son propre A319neo, qui couvre une partie de la même gamme de capacité.

Une place dans la stratégie des compagnies

Dans une flotte, l'A220 se positionne souvent en complément des monocouloirs plus grands : il dessert les lignes où la demande ne justifie pas un A320 ou un A321, ou permet de multiplier les fréquences sur des axes d'affaires. Plusieurs compagnies européennes l'ont choisi pour renouveler leurs avions de 100 à 150 places, ce qui en fait un acteur désormais familier des aéroports du continent.

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